Radiothérapie pour le traitement du cancer du poumon

http://youtu.be/FOXu2KHPDSs Une radiothérapie est un traitement locorégional du cancer, c'est-à-dire qu'elle agit directement sur la zone touchée par les cellules cancéreuses et son environnement immédiat. La radiothérapie utilise des rayons ou faisceaux de particules de haute énergie, pour détruire les cellules cancéreuses. Les rayons atteignent les cellules cancéreuses, mais aussi certaines cellules saines. La meilleure capacité de récupération des cellules saines leur permet de se réparer, contrairement aux cellules cancéreuses qui meurent. Les indications Dans le cas des cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC), les indications possibles de la radiothérapie sont les suivantes : traitement de référence, associée à la chimiothérapie (radiochimiothérapie concomitante) pour les cancers de stade IIIB, discutée en RCP dans le cadre d'un traitement multimodal pour les stades IIIA, comme une alternative à la chirurgie en cas de non résécabilité de la tumeur (c'est-à-dire lorsqu'on ne peut pas enlever la tumeur) ou de non opérabilité du patient pour les cancers de stades IA et IB, en complément de la chirurgie et de la chimiothérapie en cas d'atteinte pariétale (c'est-à-dire lorsque la tumeur atteint la paroi du poumon) ou d'exérèse incomplète (c'est-à-dire lorsque la tumeur n'a pas pu être enlevée dans sa totalité) pour les cancers de stade II, en traitement des métastases (irradiation cérébrale, osseuse, de la moelle…). Dans le cas du cancer bronchique à petites cellules (CBPC) localisé, la radiothérapie habituellement associée à une chimiothérapie concomitante (c'est-à-dire qu'une ou plusieurs molécules de chimiothérapie sont injectées pendant la radiothérapie) est le traitement de référence. Pour ce type de cancer, une irradiation cérébrale prophylactique (c'est-à-dire une radiothérapie à visée préventive localisée au niveau de la tête) est recommandée en cas de réponse au traitement initial (c'est-à-dire si les traitements de chimiothérapie et/ou de radiothérapie ont été efficaces). L'objectif est de prévenir d'éventuelles métastases cérébrales. La radiothérapie externe est le plus souvent fractionnée, c'est-à-dire que la dose totale est délivrée en plusieurs séances quotidiennes. Les séances durent en général de 15 à 20 minutes. Elles s'étalent en moyenne sur 5 à 8 semaines, à raison de 4 à 5 séances hebdomadaires. La dose de radiations émise lors du traitement (mesurée en Grays) ainsi que la façon de l'administrer et les horaires suivis varient d'une personne à l'autre. Les doses habituellement prescrites pour traiter les cancers bronchiques sont de l'ordre de 50 à 70 Grays (Gy). La mise en route du traitement par radiothérapie implique la réalisation d'un scanner qui permettra le calcul individualisé de la dose à administrer. Les techniques La difficulté, dans le traitement de cancers bronchiques, est d'irradier une zone précise, tout en préservant les organes sains à proximité, en fonction des mouvements de la cage thoracique liés à la respiration. Pour ce qui concerne la prise en charge des cancers bronchiques par radiothérapie, trois techniques sont actuellement utilisées en France : le traitement par faisceaux orthogonaux et réductions successives (en deux dimensions), le traitement avec simulation virtuelle appelée radiothérapie conformationnelle en trois dimensions (abrégé en RC3D), la radiothérapie conformationnelle 3D (RC3D) avec asservissement respiratoire (on parle aussi de gating), qui utilise différentes techniques spécifiques afin de caler l'irradiation sur la respiration du patient. La technique la plus utilisée pour traiter les cancers bronchiques est la radiothérapie conformationnelle en 3 dimensions (RC3D). La RC3D consiste à faire correspondre le plus précisément possible (autrement dit à conformer) le volume sur lequel vont être dirigés les rayons, au volume de la tumeur. Elle utilise des images en 3D de la tumeur et des organes avoisinants obtenues par scanner, parfois associé à d'autres examens d'imagerie (IRM, TEP…). Avant toute irradiation du patient, des logiciels simulent virtuellement, toujours en 3D, la forme des faisceaux d'irradiation et la distribution des doses à utiliser pour s'adapter au mieux au volume de la tumeur. Cette technique permet de délivrer des doses efficaces de rayons en limitant l'exposition des tissus sains. Pour le cancer bronchique, on utilise aussi parfois la radiothérapie conformationnelle asservie à la respiration. Il s'agit de prendre en compte les mouvements de la respiration pendant l'irradiation du thorax. Il existe plusieurs solutions : Le médecin demande au patient de bloquer sa respiration quelques dizaines de secondes à un moment bien précis de l'inspiration à l'aide d'un spiromètre et les rayons ne sont appliqués qu'à ce moment là.