Cancer de la prostate : la radiothérapie externe

http://youtu.be/ulC_ECP0IPE Qu’est-ce qu’une radiothérapie externe ? Une radiothérapie externe consiste à diriger des rayons (on parle aussi de rayonnements ou de radiations), produits par une source externe, au niveau de la prostate pour détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur capacité à se multiplier. Dans une radiothérapie externe, les rayons sont émis en faisceau par une machine située à proximité du patient ; ils traversent la peau pour atteindre la tumeur. Les rayons sont dirigés sur la tumeur et parfois, sur certains ganglions reliés à l’organe atteint. La radiothérapie externe est dite "transcutanée" car les rayons traversent la peau pour atteindre la tumeur. Ces rayons sont émis en faisceaux ciblés sur la tumeur par une machine appelée accélérateur linéaire de particules. C’est un traitement local (ou locorégional) du cancer de la prostate, c’est-à-dire qui agit directement sur la région à traiter. Ce traitement est réalisé par un oncologue radiothérapeute. Haut de page Quelles sont les indications d’une radiothérapie externe ? Une radiothérapie externe est un traitement de référence des cancers de la prostate localisés et localement avancés. Lien vers la fiche: Les traitements des cancers de la prostate en fonction de leur stade Haut de page Comment agit une radiothérapie ? Les rayonnements abîment les cellules essentiellement au niveau de leur ADN, c’est-à-dire de la carte d’identité des cellules. L’ADN se trouve dans le noyau de chaque cellule du corps. Quand l’ADN est abîmé, les cellules ne peuvent plus se multiplier et finissent par mourir. Cette destruction n’est pas immédiate, elle se produit quand les cellules sont amenées à se diviser. Dans une curiethérapie les rayonnements sont issus de sources radioactives alors que dans une radiothérapie externe, ils sont produits par des machines, le plus souvent aujourd’hui des accélérateurs linéaires de particules. Il existe plusieurs types de rayons qui pénètrent plus ou moins dans le corps et y déposent leur énergie de manière différente. Les rayonnements les plus couramment utilisés actuellement en radiothérapie externe sont les photons ou rayons X (utilisés dans 90 % des cas) de très haute énergie. Plus rarement, on utilise aussi des protons, et un autre type de particules, les ions carbone, est en cours d’évaluation. Les rayons provoquent des lésions sur toutes les cellules qu’elles touchent, qu’elles soient cancéreuses ou saines. C’est ce qui explique les effets secondaires de la radiothérapie. L’enjeu de tout traitement par radiothérapie consiste donc à maximiser son efficacité sur la prostate, tout en minimisant la toxicité sur les tissus sains et les organes avoisinants, aussi appelés organes à risque : le rectum, la vessie et le canal anal notamment. Il faut pour cela concentrer le plus précisément possible l’irradiation sur le volume de la prostate: à ce titre, les progrès technologiques des dernières années sont considérables. Il faut aussi déterminer, pour chaque patient, la dose de rayons optimale c’est-à-dire suffisante pour détruire la tumeur mais tenant compte de la dose de tolérance des organes à risque. La dose de rayons est exprimée en gray, abrégé en Gy (du nom d’un physicien anglais). Une dose de 1 Gy correspond à une énergie de 1 joule absorbée dans une masse de 1 kg. La dose de rayons nécessaire pour détruire une tumeur varie selon le type de cancer. La dose de tolérance des organes à risque est également variable selon les organes et selon la radiosensibilité du patient. Les doses habituellement délivrées lors d’une radiothérapie externe d’un cancer de la prostate sont de 70 à 80 Gy pour une radiothérapie exclusive. Les doses sont plus faibles en cas de radiothérapie réalisée après une prostatectomie totale. Il faut aussi jouer sur ce que l’on appelle l’étalement et le fractionnement de la dose, c’est-à-dire la durée totale du traitement et son découpage en plusieurs séances ce qui permet aux tissus de se régénérer. Les séances de radiothérapie se déroulent donc sur plusieurs semaines, habituellement à raison de 4 à 5 séances par semaine.